Rupture de stocks de médicaments sur le marché national : Le ministère de la Santé accuse les importateurs

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Rupture de stocks de médicaments sur le marché national : Le ministère de la Santé accuse les importateurs

Le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière impute la responsabilité du manque de médicaments sur le marché aux opérateurs de la pharmacie, qu’ils soient importateurs ou producteurs. Un rappel à l’ordre a été notifié, la semaine dernière, aux deux catégories.

La direction générale de la pharmacie et des équipements leur reproche de n’avoir exécuté les programmes prévisionnels d’importation 2018 qu’à de «très faibles niveaux», sans aucune distinction entre une entreprise et une autre, «ce qui est l’origine d’une perturbation de la disponibilité de produits sur le marché».

Dans une correspondance adressée la semaine dernière aux directeurs des entreprises d’importation de produits pharmaceutiques, la direction de la pharmacie les avertit que «suite au traitement de la liste des produits déclarés en rupture de stock et/ou sous tension d’approvisionnement et après analyse de vos déclarations mensuelles, il a été constaté que les programmes d’importation qui vous ont été attribués n’ont été exécutés qu’à de très faible niveau».

Ainsi, il leur est demandé de «procéder à l’exécution sans délais des quantités restantes des programmes octroyés sous peine de les faire transférer à d’autres opérateurs pour leur exécution», signale la direction de la pharmacie.

Une correspondance qui a suscité des inquiétudes et des interrogations. «On ne peut pas dire aujourd’hui que les opérateurs ont exécuté leurs programmes qu’à un très faible niveau sans mentionner les taux réels pour chaque entreprise.

On ne peut pas être tous au même niveau. En plus, il y a lieu de rappeler que les quantités autorisées à l’importation en 2018 sont nettement inférieures à celles de l’année 2017», souligne un importateur, qui qualifie ce courrier d’«alibi» pour justifier les manquements de la direction de la pharmacie vis-à-vis de ce dossier de rupture, qui ne cesse de s’amplifier d’année en année, sachant que des programmes d’importation pour l’année 2018 ont été signés tardivement, certains en juillet dernier alors que d’autres n’ont même pas été validés.

Exécution des programmes

«Il faut savoir que 80% de ceux qui approvisionnent le marché ont les capacités d’exécuter leurs programmes», ajoute notre source.

Du côté du ministère de la santé, les courriers de rappel d’exécution des programmes d’importation et le respect des engagements sont faits de manière courante chaque année. «Nous avons effectivement constaté que certains importateurs n’ont exécuté que 30 à 40% des programmes pour certains produits. Il est de notre devoir de faire des rappels tout en leur demandant d’honorer leurs engagements ; à défaut, les quantités restantes seront transférées à ceux qui ont les capacités financières de les importer», nous confie-t-on.

La pénurie de médicaments gagne de plus en plus de produits essentiels et les raisons des ruptures de stocks sont aujourd’hui connues de tous. Ce n’est un secret pour personne. Les retards enregistrés dans la signature des programmes d’importation, les produits soumis aux problèmes de variation, les médicaments dont la durée de vie est dépassée sont, entre autres, les causes de cette tension que vivent les patients algériens depuis plusieurs mois.

Une réunion du comité de veille sur la rupture des stocks de médicaments, à laquelle ont pris part le Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo), la Fédération algérienne du médicament (FAM), le Syndicat algérien de l’industrie pharmaceutique et l’Union nationale des opérateurs de la pharmacie (UNOP), a été convoquée à la fin du mois d’août dernier pour établir un état des lieux et trouver des solutions à ce problème récurrent. Une situation qui n’a pas laissé indifférent le Premier ministère qui aurait, selon une source proche du dossier, demandé des explications à son ministre, en l’occurrence le Pr Mokhtar Hasbellaoui.

Rappelons que la FAM a déclaré, dans un communiqué rendu public à la veille de la réunion du comité de veille sur les ruptures, que «le phénomène des ruptures a pour origine essentielle un déficit croissant de l’offre sur le marché face à une demande importante. Un déficit qui trouve son explication dans les restrictions appliquées en amont sur les autorisations d’importation des médicaments finis». Et de déplorer l’absence de procédures claires, précises et cohérentes régissant avec efficacité l’interdiction d’importation des produits fabriqués localement.

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