Seddik Chiheb. Porte-parole du RND : «Aucun élément n’impose le report de la présidentielle»

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Seddik Chiheb. Porte-parole du RND  : «Aucun élément n’impose le report de la présidentielle»

Les conditions sont-elles réunies pour la tenue de la présidentielle ?

Pour notre part, cette question a été tranchée lors de la tenue de la 5e session de notre conseil national en juin dernier. Notre choix est fait. Nous avons pris, en toute conscience et après un long débat et une mûre réflexion, la décision de faire appel au président de la République pour la poursuite de sa mission à la tête de l’Etat. Et nous réitérons, aujourd’hui, encore une fois cet appel.

La continuité, pour vous, signifie-t-elle un prolongement du mandat pour Bouteflika ?

Pour nous, la continuité signifie la poursuite de la concrétisation de son programme de réformes profondes et globales. Il s’agit en premier lieu d’approfondir la démocratie et asseoir les fondements d’une démocratie apaisée et une société solidaire et cohérente, une économie performante et compétitive. Ce processus de réformes entamé depuis son accession à la magistrature suprême nécessite un approfondissement et, par conséquent, une continuité. C’est un vaste chantier qui est en train de prendre racine et dont les fruits sont aujourd’hui visibles. Aujourd’hui, les Algériens sont de moins en moins crispés, ils ont recouvré une certaine quiétude et une envie de vivre en sécurité et, par conséquent, ils ont de nouvelles aspirations.
D’ailleurs le président de la République, dans son dernier message adressé à la nation, a souligné la nécessité de dépasser les clivages purement politiciens au profit d’une vision plus globale et plus efficiente pour faire face aux défis auxquels nous sommes confrontés.

Mais comment pouvez-vous demander à un homme malade et très faible de rempiler pour un autre mandat ?

Les Algériens savent, et ce n’est un secret pour personne, que Bouteflika n’a plus la santé d’avant et lui-même assume cet état de fait avec courage et dignité et s’acquitte de ses responsabilités constitutionnelles honorablement.

Ce n’est également un secret pour personne que les Algériens ne veulent pas d’un autre mandat pour Bouteflika…
Il faut se garder de parler des Algériens, une partie des Algériens le pense peut-être, c’est la démocratie qui sépare ceux qui revendiquent la continuité et ceux qui focalisent sur son état de santé, qui toutefois ne l’empêche pas outre mesure de s’acquitter de ses responsabilités présidentielles.

Ce 1er novembre, nous avons vu un Président affaibli et son image a choqué plus d’un…

C’est une impression. Vous l’avez justement vu ce jour-là en train de s’acquitter de l’une de ses tâches présidentielles, à savoir la célébration du 1er Novembre. Nous ne pouvons pas nous arrêter sur une image. Bouteflika est là, il était présent ce 1er novembre et a accompli sa mission de manière solennelle.

Ces derniers jours, Ahmed Ouyahia essuie des tirs croisés de plusieurs parties. Il est ciblé, pourquoi ?

Il est ciblé par un groupe d’individus parce qu’il dérange. En tant que Premier ministre, Ahmed Ouyahia a toujours été au centre de l’intérêt des Algériens. C’est un chef d’Exécutif qui ne ment pas aux Algériens et qui non plus n’est pas «assez lisse» pour laisser les Algériens indifférents. C’est un homme de décision qui assume et qui s’assume. Par conséquent, ses décisions qui vont dans l’intérêt de l’Algérie s’opposent parfois aux intérêts de certains groupes qui réagissent par personne interposée en propageant des rumeurs et de fausses informations pour à la fois fragiliser l’action du gouvernement et discréditer le chef de l’Exécutif. Ces procédés auxquels ils nous ont habitués n’ont aucun impact, ni sur l’homme ni sur sa démarche, et encore moins sur son engagement et sa fidélité au président de la République.

Il est attaqué par la secrétaire générale du PT et le chef du MSP pour ses choix et sa mauvaise gestion…

Les partis de l’opposition sont dans leur rôle ; ils sont dans leur droit politique et constitutionnel de s’opposer, de critiquer et cela nous ne dérange pas outre mesure. Leur critique, lorsqu’elle est bien fondée, est examinée et prise en charge. Mais quand ces critiques sont malintentionnées, excessives et malveillantes, on fait abstraction de tout ce qui est excessif et vain.

Ouyahia dérange ?

Oui, sa rigueur, son sérieux et son abnégation dérangent certains qui ont l’habitude de voir le pays géré par le laxisme.

On parle, ces derniers temps, avec insistance du report de l’élection présidentielle, qu’en pensez-vous ?

En ce qui nous concerne, nous avons tracé le cap, que nous maintenons. Nous sommes pour la continuité, pour l’instant et jusqu’à aujourd’hui, rien n’a changé. Demander le report sous-entend qu’il existe une situation exceptionnelle, or ce n’est pas le cas. Les règles pour le report d’une élection sont connues et sont même actées et notre pays ne vit pas une crise politique, alors je ne vois pas pourquoi l’on parle de report. Au RND, nous ne voyons pas d’éléments qui imposeraient le report. Nous sommes tenus par des échéances, et ce qui fait le sérieux de l’Algérie est qu’elle a toujours respecté ses échéances et c’est en respectant ces échéances qu’on arrive à construire des institutions pérennes.

L’initiative de Amar Ghoul pour la tenue d’une conférence politique a été comprise comme étant un appel à un report…

Le président de TAJ a exprimé l’idée d’une tenue d’une conférence nationale sous le haut patronage du président de la République. A priori, cela va dans le sens de ce que le président de la République a toujours voulu faire comprendre aux Algériens : la nécessité de construire un front interne, le plus large possible, unifié autour d’objectifs qu’il a toujours prônés, à savoir la construction d’une société solidaire et cohérente et une démocratie apaisée.

Le MSP est en faveur du report de l’élection. Quel est votre avis ?

Le MSP a appelé à un consensus national, cette idée n’a pas capté l’intérêt des partis politiques. Au RND, nous sommes pour le consensus, cela nécessite un débat notamment sur le choix économique, le modèle de société, l’implication de l’Etat dans la sphère économique… Nous n’avons pas adhérer à l’initiative présentée par cette formation politique, et son initiative ne sera pas à l’ordre du jour de nos rencontres au sein de l’alliance, mais étant un parti démocrate, nous aspirons à construire une démocratie, nous sommes ouverts au débat et prêts à nous pencher sur toutes les propositions.

Le Premier ministre présentera-t-il la déclaration de politique générale à l’Assemblée ?

Ouyahia est respectueux de la Constitution et la présentation de la déclaration de politique générale est une disposition constitutionnelle. Ouyahia n’a jamais été empêché de présenter la déclaration de politique générale, il l’a toujours fait. Le chef de l’Exécutif est tenu de présenter la déclaration de politique. Donc il doit et va le faire dès que son agenda le lui permettra.

On parle d’un remaniement et d’un éventuel départ d’Ouyahia ?

C’est une décision qui relève exclusivement des prérogatives du président de la République. Cela dit, il y aura toujours des personnes qui ne perdent jamais espoir et travaillent inlassablement pour que l’Algérie reste dans un état d’agitation permanente. Elles essayent de tirer profit de ces situations confuses en alimentant les rumeurs. Le communiqué de la primature concernant l’empêchement de présenter la déclaration est fait pour mettre le holà à cette confusion.

 

El-Watan.com