Sidi Rached : Les premiers pas de l’agro-tourisme

  • 3 semaines il y a
  • 21 Vues
  • 0 0

La wilaya est pourvue d’une multitude de sites naturels paradisiaques relevant du secteur public, malheureusement inexploités, en dépit des discours pleins de redondances des hautes autorités nationales, instructions relatives à des ressources locales, de surcroît en cette période de crise financière qui foudroie le pays.

Evoquons le cas des trois barrages qui constituent une opportunité pour le secteur du tourisme. Il s’agit du 1er barrage algérien construit en 1857 à Boudjebroun (Meurad), celui de Boukerdane (Sidi Amar) et de Kef Eddir (Damous). Chaque visite officielle, les responsables de wilaya présentent des projets d’«optimisation des activités» (sport et loisirs) que peuvent produire ces infrastructures du secteur des ressources en eau. Promesses virtuelles, car rien n’est entamé dans ces barrages.

Dans cette situation délétère qui freine l’essor économique du secteur du tourisme de la wilaya, nous citerons le cas de cet audacieux opérateur économique patriote venu de Kabylie. Il a volontairement investi ses ressources financières, pour mettre en valeur plus de 40 ha de terres forestières.

Son site se trouve à quelques encablures du Mausolée royal, connu sous l’appellation «Tombeau de la chrétienne». C’est une vue romantique qui caresse les regards dès qu’on franchit la ferme Brahim. En amont, le cheptel bovin, soumis aux contrôles systématiques, est installé au sein d’une infrastructure qui répond aux normes internationales, avec l’utilisation des dernières technologies.

La production laitière quotidienne de cette ferme en cours de lancement s’élève à 2000 litres, soit le 1/10e de sa capacité. «Nous travaillons avec un lait d’excellente qualité, en respectant rigoureusement les paramètres physico-chimiques, déclare la vétérinaire, le Dr Meriem, mais notre projet consiste à développer l’agro-tourisme, car notre site présente des perpectives prometteuses», précise notre interlocutrice.

Un cinquantaine de tables et deux cents chaises en bois sont «plantées» au milieu de la forêt située en aval du champ immense. Un parking est proposé gracieusement aux véhicules des familles qui désirent passer quelques moments dans cet espace ombragé. Les familles visiteuses ramènent avec elles leurs menus et s’installent au bord des tables. Le respect de la propreté de cet environnement d’évasion n’est pas un vain mot.

Dans la ferme Brahim, la sécurité est assurée par des agents souriants, identifiés à travers leur tenue vestimentaire. Un showroom, sous l’appellation «Ayam zaman», propose 40 variétés de produits fabriqués dans les hangars de la ferme, avec du lait de vache naturel pasteurisé, sans conservateur.

«De la fourche à la fourchette», telle est la devise de l’éleveur bovin de Sidi Rached. L’investisseur national vient d’entamer la construction d’un petit hôtel éco-touristique, qui sera érigé à quelques mètres du Tombeau de la chrétienne. En amont de la ferme bovine, cet hôtel domine la mer et la plaine de la Mitidja. Il comprendra une salle de conférences, une salle pour les activités sportives, un spa, en plus des chambres, des suites et autres commodités.

Ce projet se concrétisera à travers l’autofinancement. L’entrave de l’administration n’est pas à écarter, comme à l’accoutumée, dans la wilaya de Tipasa. En cette belle matinée printanière du mois de février, dix enseignantes quittent les trois bus qui transportaient les élèves de 2e année primaire d’une école de la commune de Draria (Alger).

Les enseignantes, dont l’une tenait dans ses mains une boîte à pharmacie, organisaient «le groupe mixte de passagers» dès leur descente de leurs bus respectifs. Les écoliers affichaient leur bonheur, au moment de leur arrivée dans la ferme superbement entretenue, qui n’a rien à envier à celles que nous voyons dans les films.

Les regards des écoliers se perdent dans les horizons lointains du site paradisiaque. Les jeunes touristes convergent dans le calme vers les tables. Ils avancent par petits groupes, encadrés par leurs maîtresses. Les pistes pour les promenades à l’intérieur de la ferme sont magnifiquement aménagées. Des espaces sont couverts d’arbres fruitiers.

Dans cette vaste étendue, on cultive le foin d’avoine, le trèfle, le sorgho, la luzerne, le blé, la pomme de terre, à cause de la rotation du sol, autant d’aliments pour assurer l’alimentation des vaches autrichiennes, Fleckvieh.

«Nous sommes déjà venus d’Alger dans cette ferme accompagnées par d’autres écoliers, car le site se prête pour faire aimer la nature à nos élèves, nous dira une enseignante qui venait de donner les consignes aux écoliers avant que ces derniers regagnent les tables en bois inoccupées, nos élèves vont découvrir beaucoup de choses, c’est instructif pour eux», conclut-elle.

Les casse-croûtes sont déposés dans les coffres des bus, afin de permettre aux écoliers de déjeuner et de consommer leur goûter dans la tranquillité, en pleine nature. L’opérateur, venu de la Kabylie, vient d’ouvrir la voie à l’agro-tourisme dans la wilaya de Tipasa. Un investissement créateur de richesses locales. 

El-Watan.com