Témouchent : La mairie couverte d’un manteau de laideur

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Témouchent : La mairie couverte d’un manteau de laideur

Par ces jours de pluie et de ciel bas, le Témouchentois qui passe devant l’Hôtel de Ville, un repère urbanistique qui a longtemps fait la fierté de la ville, ne peut manquer d’être surpris de ne plus y voir qu’une masse couverte d’un manteau de laideur.

Est-ce la faute au temps maussade ou au fait que, depuis les travaux de réhabilitation de son square, la place du 9 Décembre qu’elle domine, on voit mieux l’outrage qu’il a subi ? Cela tient sûrement des deux, mais plus certainement de la bêtise de ceux qui y ont siégé.

Pour celui qui compare la photo de la mairie qu’on voit orner les murs de nombre d’institutions, même des cybercafés qui font également étalage des photos d’antan, on ne peut qu’être surpris. On l’est parce que c’est toujours la même bâtisse, mais sans être tout à fait la même. Son magnifique fronton a été masqué par une énorme plaque métallique peinte en noir, une plaque qui indique que c’est le siège de la municipalité. Ce faisant, les éléments décoratifs, les proportions, les volumes ne sont plus visibles.

Tout cela parce qu’on a voulu voiler l’inscription en maçonnerie de «Hôtel de Ville» portée en français sur ce fronton, alors que cette épigraphe fait partie de l’histoire du bâtiment, comme celle de la ville : «Or, la décolonisation du pays a bien eu lieu, l’épigraphe n’est qu’un vestige, tout comme la mairie, elle-même, qui témoigne du passé. La cacher n’a pas de sens», fait remarquer un concitoyen, qui s’était arrêté en nous ayant vu prendre une photo et que la curiosité a poussé à engager la conversation. L’autre atteinte à la bâtisse porte sur sa façade.

Ainsi, son traitement, qui donnait l’illusion que ses murs sont construits d’énormes blocs de pierre lisse, il ne reste que les lignes des pourtours qui se croisent moins l’illusion de la pierre. Les surfaces planes ont été couvertes par un torchis qui rappelle celui d’un gourbi. Quant à sa couleur, elle est affreusement terne.

En fait, pour mieux percevoir le saccage, il convient de se rapprocher et de ne pas se fier à une photo, la réduction des proportions en réduit l’énormité. Enfin, les volets en bois, dont la couleur faisait contraste avec le reste pour mettre en valeur les qualités architecturales de la bâtisse, ont été enduits sans tenir compte de cette nécessité. D’aucuns qualifient de massacre ce qui s’est fait alors que les autres villes environnantes, à l’instar d’Oran, ont rafraîchi leur patrimoine urbanistique et architectural. L’actuelle municipalité va-t-elle réparer l’offense ? 

El-Watan.com