Tentez de manger bio avec Torba

  • 1 mois il y a
  • 14 Vues
  • 0 0
Tentez de manger bio avec Torba

Chaque vendredi depuis trois ans, l’association Torba rassemble ses adhérents autour d’un concept innovant : le circuit court producteurs-consommateurs. El Watan Week-end est allé à leur rencontre pour découvrir comment en Algérie, il est possible de manger bio et même devenir producteurs. Mode d’emploi.

Torba, c’est quoi ?

Le collectif Torba est né en 2015 d’une réunion de consommateurs autour du thème de la mauvaise alimentation. Les adhérents ont pris contact avec des producteurs pour mieux comprendre et s’imprégner des pratiques de la vie paysanne. Des partenariats locaux et solidaires entre producteurs et consommateurs sont alors nés.

Tafas de son côté est la structure qui lie directement les deux partenaires entre eux et est affiliée à Torba. L’objectif de cette association est de sensibiliser les consommateurs à une alimentation plus saine, mais aussi permettre aux producteurs de cultiver selon une méthode plus respectueuse de l’environnement.

Quant aux producteurs, ils pérennisent leurs exploitations qu’elles que soient leur taille. L’homme doit revenir à la paysannerie artisanale socialement équitable et écologiquement saine. L’utilisation de pesticides et engrais chimiques est donc bannie.

Un réseau important

Depuis sa création en 2015, l’association agro-écologique Torba reçoit de plus en d’adhérents au Fayet Club, à Alger, et ce, de plusieurs villes, régions et wilayas. Lors de la réunion informelle de vendredi dernier, une trentaine de consommateurs et de producteurs ont été conviés suite à une demande collective de la part des participants.

Cette assemblée a permis de discuter et d’échanger les expériences, mais aussi de l’ouverture d’un nouveau circuit court. L’une des chefs de projet, du nom de S., souhaite s’approvisionner en produits bio, elle encourage les gens, particulièrement ceux qui ont à cœur de revenir à l’agriculture biologique, car l’alimentation actuelle est issue d’une agriculture intensive dopée aux engrais chimiques, pauvre en nutriments et notamment chargée de pesticides et herbicides cancérigènes.

Torba, pour sa part, s‘engage à accompagner et aider le démarrage de ce circuit court. D’ailleurs, l’association pour la Biodiversité, échange  et diffusion d’expérience (BEDE) a aussi mis en place une aide à la communauté paysanne, un projet mené en partenariat avec le ministère de l’Agriculture et l’Union européenne.

Mesmous Abderahim, vétérinaire et enquêteur à la BEDE était présent à la réunion de Torba et a expliqué que deux enquêtes ont été faites. La première pour répertorier le matériel des agriculteurs et la provenance des semences et la seconde sur la biodiversité de la semence locale particulièrement celle qui a plus de 40 ans de résistance.

Adhérez d’abord

La première étape est d’adhérer au collectif Torba, au niveau de son siège à Fayet Club à Alger. Pour 1000 DA, un panier de fruits et légumes est disponible chaque vendredi. Mais pour en bénéficier, il faut impérativement réserver son panier sur la page Facebook de Torba plusieurs jours à l’avance.

Le nombre de demandes est croissant et les paniers sont limités. Le principe est très intéressant : le panier est récolté par le producteur et arrive directement au consommateur. Les fruits et les légumes sont fraichement cueillis à la source. «Les prix appliqués pour les légumes sont similaires à ceux des marchés. Le plus est que les récoltes arrivent fraîches et sont bio», a souligné le président du collectif Torba.

Transparence pour les agriculteurs

Il est important de souligner que l’association veille au respect des techniques agroécologiques. Pour cela, Torba utilise un outil spécifique : le Système participatif de garantie (SPG) afin de pouvoir certifier la qualité des fruits et légumes des agriculteurs partenaires.

La première démarche est de définir les objectifs et l’historique de l’agriculteur en remplissant une fiche d’information (eau, surface d’exploitation, moyens financiers et matériels, nombre d’ouvriers). Par la suite, des visites participatives se font avec un collectif éphémère tous les six mois selon une charte aboutissant à un cahier des charges.

Les membres de l’association sont donc en mesure de savoir si la récolte obtenue est issue de l’agriculture biologique, et ce, en observant la quantité de compost produit. Si les chiffres sont élevés, les fruits et légumes ne sont pas issus d’une agriculture naturelle, mais d’une utilisation d’engrais chimique intensive.

La semence utilisée est d’origine hybride et non locale. Il faut savoir qu’une agriculture naturelle commence par une fertilisation naturelle par les composts. Tous les partenaires de l’association ont reçu une formation sur les techniques de compostage et sur l’importance d’utiliser des semences locales.

«Si tous producteurs membres de l’association arrivent à respecter ces deux concepts, mais aussi prendre le système de rotation des plantes fourragères, nous sommes gagnants», précise Karim Rahal, le président de l’association Torba.

Formation en permaculture

La permaculture est une nouvelle tendance qui émerge en Algérie. «C’est une démarche et une philosophie socialement et écologiquement équitable», déclare Karim Rahal. Le collectif Torba propose des formations en culture maraichère, arboriculture… selon trois niveaux.

Les candidats aux stages doivent envoyer une demande par mail à [email protected] Les tarifs sont de 1000 DA pour le niveau 1 et de 1600 DA pour les niveaux 2 et 3. Pour les débutants qui souhaitent découvrir l’agriculture urbaine sur une parcelle de moins de 10 m2 adapté à des pots sur les balcons, dans des bacs autour des immeubles, dans des écoles ou entreprises, le niveau 1 est ce qu’il vous faut.

Le stage offre des bases fondamentales sur l’agroécologie, sur le compostage des déchets ménagers, sur les techniques de semis et la plantation des aromates et des légumes de saison. Toutefois, pour ceux et celles qui veulent travailler un jardin potager entre 10 m2 et 200 m2, le niveau 2 est conseillé. Des aspects comme la lutte biologique contre les nuisibles et fertilisants naturels sont soulevés.

Enfin un troisième niveau est réservé aux professionnels pour ceux ou celles ayant déjà une expérience en jardinage. Dans cette formation, il est question de montrer les enjeux du maintien de l’agriculture paysanne, une agriculture en voie de disparition dans nos campagnes, car elle est remplacée par une agriculture chimique non respectueuse de l’environnement.

Des solutions et des alternatives sont proposées en partenariat avec des consommateurs ayant compris l’importance de l’agriculture durable. Comme l’a précisé une bénévole lors de la réunion informelle vendredi dernier au siège de Torba «depuis que l’homme a commencé à réfléchir, il s’est mis à détruire», il est peut-être temps de changer d’approche.

«Cette démarche va permettre aux producteurs de changer de philosophie et de méthode par rapport à l’écoulement de leurs produits», explique Kamel Lammali, coordinateur à Torba.

Des commissions pour l’activité Torba

Cette alimentation de proximité répond à des attentes de la part du consommateurs en matière de traçabilité et de qualité des produits alimentaires consommés. La mise en place d’un comité de gestion dirigé par des coordinateurs assure la compréhension entre l’ensemble des membres de l’association.

Plusieurs autres commissions sont mises en place, notamment celle de la trésorerie qui s’occupe de la récolte des adhésions et des souscriptions des paniers. Des paniers qui sont payés à l’avance pour soutenir les producteurs. Du côté du contrôle qualité des produits et de leur provenance, une commission est aussi désignée. Le tout répond à une charte et à un règlement intérieur qui imposent un minimum de discipline par rapport à cette activité.

Partenariat solidaire

Il s’agit d’un groupe de consommateurs et d’un ou de plusieurs agriculteurs de proximité. Le partenariat se formalise par un contrat dans lequel chaque consommateur achète à l’avance une part de la production.

Cette avance représente une aide solidaire pour le producteur dans le but de préparer la saison. En contrepartie, l’agriculteur s’engage à fournir des produits de qualité selon le respect de la charte. Il en est de même pour le consommateur.

Label et étiquetage

«Pour l’instant, il n’y a pas d’étiquetage, on connaît le producteur, on l’a sensibilisé et on l’a formé lorsqu’il en avait besoin pour faire de l’agroécologie», explique Kamel Lammali. Toute sa production est écoulée à travers Tafas, une structure qui favorise cette relation.

Cela marchera puisque ce type de consommation marche ailleurs. La région lyonnaise est devenue d’ailleurs la première région d’exploitations agricoles bio en France.

En 2018, 61% des ménages du Grand Lyon achètent bio. Il y en a même qui font gagner du temps aux consommateurs en leur proposant de venir directement dans les entreprises. Les circuits courts ont pris tellement d’ampleur dans cette région qu’un salon professionnel a été créé en 2017.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

El-Watan.com