Un monument-repère dans la décrépitude

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L’ancien siège de l’Hôtel de Ville de Souk Ahras, bâti l’année 1886 par des artisans italiens et maltais sous la direction d’architectes français et inauguré l’année suivante par l’administration coloniale, est un joyau architectural dont les photos collent immanquablement aux livres et illustrés qui présentent la cité et ses repères.

Son style mi-baroque mi-médiéval et son implantation au cœur de la ville fut d’abord présenté comme un butin de la Révolution pour abriter les premières Assemblées communales de l’Algérie indépendante. Les affaires courantes de la cité y étaient traitées et des décisions importantes furent prises depuis l’immeuble, où le bois noble disputait la réputation des immenses pierres taillées qui forment ses assises et où les toits en ardoise donnaient au lieu austérité et climat ambiant les quatre saisons de l’année.

L’insonorisation à l’intérieur de la bâtisse, son éclairage, son aération, son décor et ses détails urbanistiques seraient au moins inspirateurs d’idées auprès de nos constructeurs locaux. Nenni. On alla  souffler aux responsables sa transformation en musée après de longues années de déperdition et de délabrement prémédités.

L’année 2014 sera celle du transfert effectif de ce bien communal au profit de la direction de la culture qui y lancera les travaux pour sa transformation en musée pour une enveloppe initiale de 12,5 milliards de dinars. Un montant qui sera revu à la hausse quelques mois après. Le tout dans le cadre d’une convention signée conjointement par ladite direction et l’ARPC (Agence nationale de gestion et de réalisations des grands projets de la culture).

La bâtisse n’a pu jouir du statut d’un musée dûment réhabilité et aménagé ni de celui du premier siège de l’APC de Souk Ahras aux premières années de l’indépendance. Pis encore les nouveaux élus trouvent du mal à récupérer depuis ladite direction. Répertorié par le conseil communal le mois de janvier de l’année en cours, la restitution dudit bien est encore perdue dans les dédales de la bureaucratie, et ce, de l’avis des élus locaux.

Un cumul de responsabilités et d’actes inconscients qui ont fait de ce monument-témoin de l’histoire de Souk Ahras, une bâtisse sans éclat, frappée par l’insalubrité et la décrépitude. Le tout est aggravé par des vitres et des effets décoratifs brisés, des cadres de fenêtres et des portes branlantes, des nids de pigeons, des chats et chiens errants qui sollicitent les lieux pour soulager leurs entrailles, des infiltrations et des eaux, des effritements et des fissures des murs… 

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