Un nouveau novembre réédité par les militants à Ouargla

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Ce n’est plus une question de nombre mais une position ferme et réitérée lors de cette quatrième semaine de mobilisation citoyenne de Ouargla où des milliers de personnes ont défilé ce vendredi réclamant un changement radical, un départ définitif du président Bouteflika et la fin de l’ère des communiqués, a-t-on entendu auprès de faiseurs de slogans qui ont créé des espaces en plein air où des jeunes attelés à créer des banderoles ont mis en place des ateliers publics où chacun est venu y mettre du sien.

A la place de la Rose des sables, l’emblème national était roi. Des centaines de drapeaux ont été hissés sur les réverbères et les bâtisses attenantes à l’endroit fétiche des Ouarglis qui s’y retrouvent désormais chaque semaine pour s’entendre et se réaffirmer sur une citoyenneté retrouvée et une réappropriation de l’espace public pour les habitants. Beaucoup de femmes ont également été au rendez-vous alors qu’on les pensait motivées par celle du 8 mars seulement.

Elles ont repris le chemin de la place tacitement reconnue comme point de départ pour se joindre à la marée humaine qui a déferlé dans la ville dans un rituel immuable qui se répète chaque vendredi, ou elles ont dit : «Non au mandat prolongé», «Non au viol de la Constitution», «Oui pour un départ définitif» et «Oui pour la jeunesse». A l’avant-garde de ce mouvement, des militants du mouvement des chômeurs tels que Tahar Belabbas tendant haut un slogan entendu «C’est la 4e semaine, Rak Fahem» et Ibek Abdelmalek qui après avoir dûment encadré la marche des gazelles la semaine dernière, a retrouvé les rangs des marcheurs se mêlant allègrement à la foule, mais aussi Bachir Bousmaha qui s’est dit solidaire de tout mouvement citoyen apportant un plus au pays soulignant qu’il participe chaque semaine aux marches pour le «départ du régime actuel tout simplement, c’est un nouveau Novembre que nous vivons, nous étions punis et dépouillés de notre liberté, de notre indépendance que nous retrouvons dans les rues d’Algérie».

Pour Assal Bachir, «il ne s’agit plus pour le système de gagner du temps et il est devenu impératif que les parties qui soutiennent la position du peuple parmi les cadres de l’Etat et au sein même du pouvoir se montrent parce que la préoccupation du peuple est l’avenir du pays et ceux qui nous gouvernent encore n’ont montré aucune volonté de le préserver». Les citoyens, quant à eux, ont marché de la place de la Rose des sables vers le siège de la wilaya parcourant ainsi une bonne dizaine de km pour faire le tour de la ville et revenir au point de départ, Souk El Hedjar au cœur de la vieille ville scandant : «Bouteflika, Lamamra, Brahimi, barra barra », «La nedwa la houkouma hatta taskot el mandhouma», les marcheurs ont traversé la ville en criant ces slogans sous les fenêtres de la wilaya où ils se sont longuement arrêtés pour répéter les slogans nationaux unifiés qui font la particularité de cet extraordinaire élan populaire. De nouvelles phrases telles que «Le fln et le Rnd li baou bladi», hissées très haut alors que des appels à la solidarité de tous les citoyens appelant tous les habitants même de ne plus avoir peur et de se joindre à ce mouvement historique.

El-Watan.com