Une agression qui suscite l’indignation à Annaba

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Les voisins affirment voir constamment l’agresseur dans le quartier et on aurait même appelé la police, mais personne n’est venu.

C’est un père éploré, désemparé et désespéré qui est venu à nous. Il envisage le pire, c’est-à-dire se faire justice soi-même, pour mettre fin à la torture psychique qui affecte tous les membres de sa famille qui, depuis un mois, vit sous les menaces de mort d’un voisin qui joue du couteau. Son fils de 26 ans, victime d’une agression à l’arme blanche qui a failli l’emporter, est cloué au lit parce qu’il ne peut ni marcher ni se servir de ses mains.

Son agresseur lui a sectionné 3 doigts, 3 orteils et fait de profondes entailles au bras. Des blessures qui l’ont envoyé à l’hôpital pour subir plusieurs interventions chirurgicales. Le père a dû éloigner son fils de Annaba pour le mettre à l’abri de son agresseur toujours en liberté.

Les faits. Le soir du 4 septembre dernier vers 22h30, Islam, la victime, architecte, enfant d’un couple de pharmaciens, est sur le pas de la porte de la maison familiale à la cité Rym de la plaine ouest à Annaba (13e arrondissement). Il prend le frais en compagnie d’un voisin. Surgit alors un autre voisin, G. F., 40 ans, sans emploi, fils d’un magistrat connu pour avoir occupé des postes à Annaba et dans d’autres villes de l’est du pays. Il saute de son inséparable motocyclette, s’approche rapidement, sort un couteau et frappe Islam en visant la poitrine.

Islam se protège avec la main droite qui du coup perd trois doigts, leurs tendons et un autre tendon du poignet, puis avec l’avant-bras gauche qui va recevoir plusieurs entailles. Le voisin présent bouscule l’agresseur qui tombe à terre, mais ne l’empêche pas de donner un dernier coup qui sectionne 3 orteils et leurs tendons. Islam se réfugie dans la maison.

Le lendemain, le père d’Islam, Abdelaziz, dépose une première plainte à la sûreté urbaine du 13e arrondissement qui sera suivie d’une seconde le 9 septembre, lorsque son fils sort de l’hôpital avec le certificat du médecin légiste qui prescrit 30 jours d’incapacité dans un premier temps, car Islam devra retourner dans une clinique parce que son état s’est détérioré.

Entre-temps, il n’y a aucune réaction de la police. Par contre, l’agresseur lui, fort de l’impunité dont il semble jouir et informé du dépôt de plainte, revient le lendemain devant la maison de la famille de la victime.

De sa moto, dont il ne descend, semble-t-il, jamais, et à dessein, G. F. jette des blocs de pierre contre la porte pour la briser, mais n’y parvient pas. Il insulte ses occupants réfugiés à l’intérieur et, de nouveau, profère à leur encontre des menaces de mort s’ils mettent le nez dehors pour porter plainte. Abdelaziz, dont le fils est toujours à la clinique, ne se démonte pas et retourne au commissariat pour déposer une autre plainte.

Des policiers se seraient alors déplacés pour surveiller le secteur, mais l’agresseur reste en liberté. «Ça ne sert à rien de déposer plainte, nous l’avons fait sans résultat et à plusieurs reprises, car nous avons tous été victimes de cet individu», préviennent les voisins.

Des voisins témoins de tout, mais qui se taisent. Les uns par dépit, les autres par peur des représailles. Ceci dit, l’un d’eux trouve le courage de glisser dans la boîte aux lettres de la famille terrorisée une clé USB avec les vidéos des agressions. Au commissariat, où le père s’est encore rendu, on lui répond qu’«on ne peut pas attraper l’agresseur, car il est toujours sur sa moto et il ne faut surtout pas qu’il lui arrive quelque chose, pas la moindre égratignure».

Hallucinant ! Lorsque l’on pense que des Algériens sont tirés de leur lit ou cueillis au petit matin sans ménagement pour des écrits ou des propos frondeurs. Le 12 septembre, des policiers (une demi-douzaine) ont tenté de capturer l’agresseur qui rentrait chez lui toujours sans descendre de sa moto. Ses proches, en effet, lui ouvrent le garage à l’avance et il s’y engouffre sans s’arrêter.

Ce jour-là, les policiers ont presque réussi, mais le père, magistrat connu sur la place de Annaba, s’est interposé pour arracher son fils de leurs mains.  Abdelaziz a depuis mis sa famille à l’abri, car l’agresseur court toujours. Il ignore l’origine de cette soudaine violence.

Une seule explication lui vient à l’esprit : une jalousie de voisin. Mais qu’importe la raison, elle ne justifie en rien l’impunité dont peut jouir un tueur potentiel. Sa famille vit dans  torturée par la peur d’un lendemain sanglant promis par G. F. qui a attenté à la vie de leur fils.

Il en a déjà fait un handicapé à vie.  Contacté, le chef de sûreté de la wilaya de Annaba (DGSN) s’explique : «Au lendemain de l’agression, j’ai reçu le père de la victime. Je l’ai rassuré personnellement que le mis en cause sera arrêté dans les plus brefs délais. Pour ce faire, une équipe d’agents a été mobilisée exclusivement à cet effet.

La même assurance lui a été signifiée par le chef de la police judiciaire. Pour l’instant, l’accusé se cache. Cependant, il est guetté un peu partout à travers le territoire jusqu’à sa mise hors d’état de nuire et répondre de ses actes devant la justice.» Les voisins affirment le voir constamment dans le quartier et on aurait même appelé la police, mais personne n’est venu.

L’agresseur ne craint pas de se montrer ostensiblement. Pourquoi ? Nous avons appris de sources judiciaires que souvent on laisse des criminels en liberté délibérément sous le prétexte qu’ils sont introuvables pour ensuite classer les plaintes dont ils ont fait l’objet.

On sait que l’impunité pour les riches et les puissants s’est répandue et banalisée au point qu’elle ne suscite plus que de l’indifférence de toutes parts, y compris des services de sécurité. Les résidants de la cité Rym devront-ils se terrer jusqu’à ce qu’il y ait mort d’homme pour voir les autorités s’agiter tardivement pour appliquer la loi ?

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