Vendeurs d’or gênants et intouchables

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Vendeurs d’or gênants et intouchables

Cette activité  attire de plus en plus de commerçants, certains vendent des bijoux, d’autres se sont spécialisés dans les objets «cassés», qu’ils récupèrent et revendent.

Les vendeurs informels d’or, dans différents quartiers d’Alger restent intouchables et bénéficient de tous les égards. Ils sont rarement inquiétés, que ce soit par les autorités publiques ou par les petits délinquants. Cette activité ne cesse d’attirer de plus en plus de commerçants, certains vendent des bijoux, d’autres se sont spécialisés dans les objets «cassés», qu’ils récupèrent et revendent. Ils se sont installés sur les trottoirs de la rue Larbi Ben M’hidi, à la rue Patrice Lumumba, au quartier du Ruisseau et au marché de Bachdjerrah.

Si au niveau de ce dernier, les autorités locales avaient procédé, en 2014, à l’organisation de cette activité en exigeant de tous les vendeurs d’exercer dans un périmètre défini, sur des tables uniformes, munies de parasols, dans les autres endroits, c’est l’anarchie la plus totale.

A la rue Larbi Ben M’hidi, à titre d’exemple, le nombre de jeunes vendeurs qui s’improvisent acheteurs de «cassé» est tel que le piéton se fait interpeller de toutes parts, parfois avec insistance. De nombreux citoyens, notamment des femmes, se sont plaints de cette situation. Certains habitants des immeubles limitrophes déplorent la transformation de l’entrée de leurs bâtiments en bourse pour transactions de vente et d’achat.

Un peu plus loin, à la rue Patrice Lumumba et Debih Cherif, l’affluence est telle que le trottoir est souvent squatté par des groupes de femmes qui viennent en quête de meilleurs prix. Les passants s’y trouvent parfois coincés.

La particularité est que dans un passé récent, cette activité n’était exercée que par des femmes, depuis quelque temps, des hommes ont investi ce créneau et n’hésitent pas à s’afficher avec des objets en or à la main. Le comble est que, juste à côté, il y a un commissariat de police, mais jamais ces vendeurs n’ont été délogés.

Au Ruisseau, bien que le quartier ait fait l’objet d’une véritable opération de nettoyage du commerce informel et que des constructions modernes y ont été érigées, les vendeurs d’or sont toujours là et leur activité ne cesse de prospérer. Faut-il préciser que le jardin situé dans ce grand quartier populaire a été complètement accaparé par les commerçants de bijoux en or.

Bien que d’habitude affables et respectueux pour mieux mettre en confiance les éventuels clients,  des dépassements ont été à plusieurs reprises signalés. Les victimes sont souvent des femmes, qui se voient rudoyées si elles osent discuter ou rouspéter contre les prix proposés, notamment à la vente. «J’ai vendu une bague cassée. Le jeune commerçant m’a tout de suite proposé un prix et a refusé de me rendre mon bijou lorsque j’ai exprimé mon opposition», raconte une jeune femme.

En insistant pour récupérer sa bague, «le vendeur m’a menacée», indique-t-elle. C’est pour éviter ce genre de situations qu’il est nécessaire de réguler ce commerce qui connaît beaucoup de succès parmi les Algériens, qui préfèrent y recourir pour faire quelques économies. Aussi, identifier les vendeurs et les contraindre à payer des impôts ne sera que bénéfique pour le Trésor public, sachant que de grosses sommes circulent dans cette activité lucrative.  

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