Youcef Yousfi élude les questions qui fâchent à Boumerdès

  • 2 mois il y a
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Le ministre de l’Industrie et des Mines n’a pas été avare en déclarations lors de sa visite, hier, dans la wilaya de Boumerdès.

Invité à assister à une rencontre ayant regroupé les directeurs de wilaya de son département et des PDG de groupes industriels, Youcef Yousfi a quitté aussitôt la salle des conférences de l’Institut national de productivité et de développement industriel (INPED). Harcelé par les journalistes, il a accepté de répondre à quelques questions, en prenant le soin d’éviter celles qui fâchent.

S’il a fait l’économie des mots sur le sort du foncier industriel détourné et les usines de montage de véhicules, le ministre a refusé catégoriquement de répondre à notre question sur les raisons du blocage des investissements du groupe Cevital. Il n’a rien dit non plus sur les raisons du refus des Douanes de lever la main sur les équipements du groupe entreposés depuis juillet dernier au port sec de Boudouaou.

Foncier détourné : Une loi en préparation

Des équipements ultramodernes acquis par Cevital pour les besoins de l’installation d’une usine de membranes à Larbaâ, dans la wilaya de Blida. Malgré notre insistance et la polémique suscitée par cette affaire, le représentant du gouvernement a fait un signe de la main signifiant qu’il ne répondrait pas à la question.

Le silence du ministre a été diversement commenté par les confrères et des participants à la rencontre. «Il est anormal qu’il ne fasse aucune déclaration sur le sujet d’autant plus que le thème du jour porte sur la nécessité de booster les investissements et de lutter contre la bureaucratie», a réagi un confrère.

Interrogé le sort du foncier industriel détourné de sa vocation, le ministre a souligné qu’«une loi est en cours de préparation pour permettre à ses services de mieux gérer ce dossier». A en croire un directeur de wilaya, l’Etat n’aura à l’avenir plus besoin de recourir à la justice pour récupérer les terrains octroyés à des pseudo-investisseurs et annuler les décisions de concession.

Interpellé sur les dettes des sociétés de gestion des zones industrielles, le ministre a laissé entendre que leur payement n’est pas à l’ordre du jour. «Chaque chose en son temps. les investisseurs doivent retrousser leurs manches et se mettre au travail», a-t-il lancé.

Les chiffres qui traduisent l’échec

S’agissant de l’ordre du jour, à savoir la digitalisation des services administratifs de son département, Youcef Yousfi a parlé d’«un long processus qui vise combattre la bureaucratie et établir une base de données de toutes les entreprises algériennes». «On a commencé par les entreprises qui ont plus de 50 employés.

On a dans le secteur de l’industrie 1550 entreprises. Nous avons des informations sur 90% d’entre elles. Le travail se poursuit pour toucher les entreprises restantes. Après, on recueillera les informations sur les entreprises de plus de 10 employés. Dès qu’on terminera, nous aurons une idée sur l’état de l’industrie en Algérie qui, Dieu merci, se porte bien», a-t-il déclaré.

Selon lui, l’objectif à moyen terme est de définir une carte du tissu industriel du pays et la nature des activités implantées dans chaque wilaya. Selon les statistiques établies il y a quelques mois par le ministère, 97% du tissu industriel algérien sont de très petites entreprises (TPE), 3% sont des PME et 0,4% des moyennes entreprises.

Le taux de mortalité des PME est de 15% à 18%, alors que le taux de naissance des entreprises reste en deçà des objectifs tracés. En dix ans, seulement 600 000 entreprises ont été créées sur un programme de deux millions de PME à l’orée de 2025. Des chiffres qui contredisent les déclarations du ministre qui a estimé que «l’industrie algérienne se porte bien»...

El-Watan.com